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2 000 ans | De Lugdunum à l'UNESCO

L'histoire de Lyon

Capitale des Gaules, capitale de la soie, capitale du cinéma, capitale de la Résistance. Lyon a beaucoup été capitale.

Mis à jour le

Lyon a deux mille ans, et son histoire tient en une géographie : deux fleuves, deux collines, un carrefour. Fondée par les Romains en 43 avant notre ère, elle devient la capitale des Gaules, sombre au Moyen Âge, renaît par la banque et l'imprimerie, s'enrichit par la soie, invente le cinéma, résiste sous l'Occupation, et finit classée à l'UNESCO. Voici les dates qui comptent, et surtout où en voir les traces aujourd'hui.

Les grandes dates

43 av. J.-C. Fondation de Lugdunum par Lucius Munatius Plancus, sur la colline de Fourvière. Le nom signifierait « la colline du dieu Lug », divinité celte de la lumière. Coïncidence ou non, la ville célèbre toujours la lumière chaque 8 décembre.
12 av. J.-C. Sous Auguste, Lugdunum devient la capitale des Gaules, avec son sanctuaire fédéral. La ville frappe monnaie, compte des dizaines de milliers d'habitants et voit naître deux empereurs romains, Claude et Caracalla.
Fin du IIIe siècle La réorganisation de l'Empire lui fait perdre son rang de capitale au profit de Trèves. Lyon décline, et se réduira à quelques milliers d'habitants au IXe siècle. Une chute vertigineuse.
1312 à 1320 Lyon intègre définitivement le royaume de France. Jusque-là, la ville dépendait du Saint-Empire romain germanique, ce qui explique bien des particularités de son droit et de son urbanisme.
XVe et XVIe siècles L'âge d'or. Les foires de Lyon en font une place financière européenne, où s'installent les banquiers florentins. L'imprimerie y explose : Lyon devient l'un des grands centres du livre en Europe. C'est de cette époque que date le Vieux Lyon tel qu'on le voit aujourd'hui.
XVIIe et XVIIIe siècles La soie devient l'industrie reine. Lyon fournit les cours d'Europe. Les ateliers s'installent sur la colline de la Croix-Rousse, dans des immeubles aux plafonds hauts, conçus pour loger les métiers à tisser Jacquard.
1793 Lyon se soulève contre la Convention. La ville est assiégée, prise, et une partie de ses édifices est détruite en représailles. La statue de Louis XIV de la place Bellecour est fondue pour faire des canons. C'est l'épisode le plus noir de son histoire.
1831 et 1834 Les révoltes des canuts, les ouvriers de la soie. Écrasées dans le sang, elles sont considérées comme l'un des premiers grands soulèvements ouvriers de l'ère industrielle. Leur devise reste gravée dans la mémoire lyonnaise : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant. »
19 mars 1895 Les frères Lumière tournent La Sortie de l'usine Lumière à Lyon, rue Saint-Victor, dans le quartier de Monplaisir. C'est le premier film de l'histoire du cinéma. La rue s'appelle aujourd'hui rue du Premier-Film.
1940 à 1944 Lyon devient l'une des capitales de la Résistance. Ses traboules, ses imprimeries clandestines et sa position en zone libre en font le centre des plus grands réseaux. Jean Moulin y opère, et Klaus Barbie y sévit.
1998 Le Site historique de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO : le Vieux Lyon, la colline de Fourvière, les pentes de la Croix-Rousse et la Presqu'île. Une reconnaissance de la continuité urbaine sur deux millénaires.

Où voir cette histoire aujourd'hui

L'intérêt de Lyon, c'est que chaque époque a laissé quelque chose de visible et d'accessible. Voici le mode d'emploi.

Le théâtre antique de Fourvière et ses gradins, vestige de la Lugdunum romaine
Lugdunum est toujours là. Le théâtre antique de Fourvière, sur la colline. On s'assoit sur les gradins où des Romains se sont assis, et l'été, on y donne encore des concerts. Photo : Pymouss, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
ÉpoqueOù en voir la tracePrix
Lugdunum romaine Les théâtres romains de Fourvière, sur la colline. Deux théâtres antiques encore utilisés pour des concerts l'été. Le musée gallo-romain voisin complète la visite. Site gratuit
Renaissance et foires Tout le Vieux Lyon : cours à galeries, tours d'escalier, la place du Change où se traitaient les affaires, les traboules. Gratuit
L'ère de la soie Les pentes de la Croix-Rousse et leurs immeubles de canuts, la cour des Voraces, le mur des Canuts, l'un des plus grands trompe-l'œil d'Europe. Gratuit
Naissance du cinéma L'Institut Lumière, dans la villa familiale à Monplaisir (8e), et la rue du Premier-Film, où fut tourné le premier film de l'histoire. Payant
La Résistance Le Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation, installé dans l'ancien siège de la Gestapo de Klaus Barbie. Payant
Le XIXe bourgeois La Presqu'île, la rue de la République, les Brotteaux et leurs immeubles haussmanniens. Gratuit
Le Lyon contemporain La Confluence, bâtie sur les friches industrielles, et son musée. Quartier gratuit

Deux collines, deux histoires

Les Lyonnais résument leur ville par une formule qui dit tout : « la colline qui prie et la colline qui travaille ».

Fourvière, la colline qui prie, à l'ouest : c'est là qu'est née Lugdunum, là que se dressent les théâtres romains, et là que la basilique veille sur la ville depuis 1884. C'est la colline du pouvoir, du sacré et de la mémoire.

La Croix-Rousse, la colline qui travaille, au nord : c'est celle des canuts, des ateliers de soie, des révoltes ouvrières. Ses immeubles ont des plafonds de quatre mètres, non par luxe, mais pour loger les métiers à tisser. C'est la colline du labeur et de la révolte.

Ce que raconte le mot « canut »

Les canuts n'étaient pas des ouvriers d'usine mais des tisserands travaillant chez eux, sur leur propre métier, payés à la pièce par les marchands, les « soyeux ». Cette organisation, à mi-chemin entre l'artisanat et le salariat, explique leur culture de l'indépendance, et la violence de leurs révoltes quand les prix de la pièce ont été baissés. Ce sont eux qui utilisaient les traboules pour descendre la soie à l'abri de la pluie.

Lugdunum, la colline de la lumière

L'étymologie la plus répandue fait dériver Lugdunum de Lug, divinité celte associée à la lumière, et de dunum, la colline ou la forteresse. Autrement dit : la colline du dieu de la lumière.

Que la ville qui porte ce nom soit devenue, deux mille ans plus tard, celle de la Fête des Lumières et le berceau du cinéma, cet art fait de lumière projetée, relève de la coïncidence. Mais c'est une coïncidence dont les Lyonnais ne se lassent pas.

Questions fréquentes

Quand Lyon a-t-elle été fondée ?

En 43 avant notre ère, sous le nom de Lugdunum, par le général romain Lucius Munatius Plancus, sur la colline de Fourvière. La ville devient rapidement la capitale des Gaules sous l'empereur Auguste.

Pourquoi Lyon s'appelait-elle Lugdunum ?

Le nom viendrait de Lug, divinité celte de la lumière, et de dunum, la colline ou la forteresse : « la colline du dieu de la lumière ». C'est une coïncidence savoureuse pour une ville devenue celle de la Fête des Lumières et du cinéma.

Qui étaient les canuts ?

Les ouvriers de la soie de la Croix-Rousse, aux XVIIIe et XIXe siècles. Ils tissaient chez eux, sur leur propre métier, et étaient payés à la pièce. Leurs révoltes de 1831 et 1834, écrasées dans le sang, comptent parmi les premiers grands soulèvements ouvriers de l'ère industrielle.

Le cinéma a-t-il été inventé à Lyon ?

Le premier film de l'histoire, La Sortie de l'usine Lumière à Lyon, a été tourné le 19 mars 1895 par les frères Lumière, rue Saint-Victor, dans le quartier de Monplaisir. La rue s'appelle aujourd'hui rue du Premier-Film. La première projection publique payante, elle, a eu lieu à Paris le 28 décembre 1895.

Depuis quand Lyon est-elle française ?

Depuis le début du XIVe siècle : la ville intègre définitivement le royaume de France entre 1312 et 1320. Auparavant, elle relevait du Saint-Empire romain germanique, ce qui explique certaines de ses particularités juridiques et urbaines.

Qu'est-ce qui est classé à l'UNESCO à Lyon ?

Le « Site historique de Lyon », inscrit en 1998, qui regroupe le Vieux Lyon, la colline de Fourvière, les pentes de la Croix-Rousse et la Presqu'île. C'est la continuité urbaine sur deux millénaires qui est reconnue, plus qu'un monument isolé.