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Une traboule est un passage qui traverse un immeuble, souvent plusieurs cours d'affilée, pour relier deux rues parallèles. Lyon en compte environ 500, et c'est une spécificité qui n'existe nulle part ailleurs à cette échelle. Le point crucial à comprendre : ce sont des immeubles privés et habités. Seule une quarantaine est ouverte au public, grâce à des conventions passées avec les copropriétaires. Les autres ne se visitent pas.
Qu'est-ce qu'une traboule exactement ?
Le mot vient du verbe trabouler, « traverser », lui-même issu du latin populaire transambulare, « passer à travers ». La traboule n'est pas un tunnel ni une ruelle : c'est un couloir privé qui part de la porte d'un immeuble, traverse la cour, parfois un second immeuble, une deuxième cour, et ressort dans une autre rue.
Elles sont réparties en trois secteurs :
| Secteur | Nombre | Ambiance |
|---|---|---|
| Vieux Lyon | Environ 215 | Renaissance : cours à galeries, escaliers en vis, tours roses. Les plus belles, et les plus visitées. |
| Pentes de la Croix-Rousse | Environ 163 | Les traboules des canuts : verticales, austères, fonctionnelles. Les plus impressionnantes techniquement. |
| Presqu'île | Environ 130 | Plus discrètes, souvent fermées. Peu accessibles au public. |
Pourquoi les a-t-on creusées ?
Les premières remontent au IVe siècle. À l'époque, l'aqueduc romain n'alimente plus la ville, et les habitants doivent aller chercher l'eau à la Saône. Comme les rues descendent perpendiculairement au fleuve, il fallait un raccourci : on a percé les immeubles.
Leur vrai âge d'or vient bien plus tard, avec les canuts, les ouvriers de la soie de la Croix-Rousse. Au XIXe siècle, ils descendent chaque jour livrer aux marchands les pièces de soie tissées chez eux. Ces pièces valent une fortune et ne supportent ni la pluie ni l'humidité. Les traboules leur permettent de descendre la colline à l'abri, en ligne quasi droite, sans jamais exposer la marchandise.
Les traboules et la Résistance
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lyon fut une capitale de la Résistance, et les traboules y jouèrent leur rôle. Un réseau de passages connus des seuls habitants, sans plan public, permettant de disparaître d'une rue pour ressortir dans une autre : difficile d'imaginer un terrain plus favorable pour semer une filature. C'est une part importante de la mémoire lyonnaise.
Les traboules à ne pas manquer
Toutes ne se visitent pas. Voici celles qui sont ouvertes au public et qui valent réellement le détour. La Ville finance une bonne part de leur restauration en échange du droit de passage : ce système est ce qui vous permet d'y entrer.
Les traboules accessibles au public. En rouge, les incontournables. Cliquez sur un point pour l'adresse exacte.
1 La Longue Traboule Vieux Lyon
La plus célèbre et la plus spectaculaire. Elle traverse quatre immeubles et quatre cours d'un seul tenant. On y entre par une porte anodine de la rue Saint-Jean et on ressort, plusieurs minutes plus tard, dans une rue complètement différente. Si vous n'en faites qu'une, faites celle-là.
2 La Cour des Voraces Croix-Rousse
La traboule emblématique des canuts, et un monument à elle seule. Son escalier monumental à six volées, entièrement à l'air libre, plaqué contre la façade, est une prouesse architecturale du XIXe siècle. Elle porte le nom d'une société ouvrière de canuts. C'est le contraire exact des cours élégantes du Vieux Lyon : ici, tout est fonctionnel, brut, vertigineux.
3 Le Passage Thiaffait Croix-Rousse
Un passage à double escalier, réhabilité et transformé en village de créateurs : boutiques de mode, ateliers de jeunes stylistes. C'est la traboule la plus vivante, celle qui a trouvé un usage contemporain plutôt que d'être muséifiée.
4 La cour de la Tour Rose Vieux Lyon
Pas une traboule à proprement parler, mais la cour la plus photographiée de Lyon : une tour d'escalier en vis, coiffée d'un crépi rose saumon. On passe devant la porte sans la voir. Poussez-la.
5 La traboule de la rue des Trois Maries Vieux Lyon
Plus courte et moins connue que sa voisine, donc souvent plus calme. Une belle cour Renaissance, dans une rue au nom qui intrigue toujours les visiteurs.
Les règles à respecter, sérieusement
- Silence. Ne parlez pas fort, ne criez pas dans les cours : l'acoustique y est terrible et tous les appartements donnent dessus.
- Ne sonnez à aucune porte. Jamais. Si la traboule est fermée, c'est qu'elle est fermée.
- Ne photographiez pas les fenêtres ni l'intérieur des appartements. Les cours, oui ; la vie privée des gens, non.
- Refermez la porte derrière vous si elle était fermée.
- Respectez les horaires. La plupart des traboules ouvertes le sont en journée, généralement de 7h à 19h. La nuit, on n'y entre pas.
- Ne venez pas en grand groupe bruyant. C'est le principal motif de fermeture des accès.
Comment reconnaître une traboule ouverte
Les traboules accessibles au public portent généralement une plaque ou un macaron apposé par la Ville de Lyon près de la porte. En l'absence de signalétique, la règle est simple : si la porte est fermée à clé ou munie d'un digicode, la traboule est privée. N'insistez pas et ne suivez pas un résident qui entre.
Si vous voulez aller plus loin, les visites guidées de l'office de tourisme donnent accès à des traboules normalement fermées, avec l'accord des copropriétaires. C'est la seule façon légale de voir les plus belles cours privées.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de traboules à Lyon ?
Environ 500 au total : à peu près 215 dans le Vieux Lyon, 163 sur les pentes de la Croix-Rousse et 130 dans la Presqu'île. Mais seule une quarantaine est ouverte au public, grâce à des conventions passées entre la Ville et les copropriétaires.
Les traboules sont-elles gratuites ?
Oui, celles qui sont ouvertes au public sont d'accès libre et gratuit, généralement en journée. Il n'y a ni billet ni horaire de visite. Seules les visites guidées, qui donnent accès à des traboules privées, sont payantes.
Quelle est la plus belle traboule de Lyon ?
La Longue Traboule, entre le 54 rue Saint-Jean et le 27 rue du Bœuf, dans le Vieux Lyon : elle traverse quatre cours et quatre immeubles. Pour un registre tout différent, la Cour des Voraces à la Croix-Rousse, avec son escalier monumental à six volées, est tout aussi impressionnante.
D'où vient le mot « traboule » ?
Du verbe trabouler, « traverser », probablement issu du latin populaire transambulare, qui signifie « passer à travers ». Le mot dit exactement ce que fait le passage : il traverse l'immeuble de part en part.
Peut-on entrer dans n'importe quelle traboule ?
Non, et c'est important. Ce sont des immeubles privés et habités. Seules les traboules signalées par une plaque de la Ville sont ouvertes au public. Si la porte est fermée ou munie d'un digicode, n'insistez pas et ne suivez pas un habitant qui entre.