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L'épilation laser à Lyon, et la règle qui change le 26 août
Presque tout ce qui circule sur le sujet est périmé. On lit partout que l'épilation au laser est réservée aux médecins : c'était vrai jusqu'au 24 mai 2024, ça ne l'est plus. Trois catégories de professionnels peuvent désormais la pratiquer. Mais une formation devient obligatoire, et le délai pour la valider expire le 26 août 2026.
Qui a le droit, depuis le 24 mai 2024
Pendant soixante ans, la règle tenait dans une ligne d'un arrêté du 6 janvier 1962 : constituait un acte médical « tout mode d'épilation, sauf les épilations à la pince ou à la cire ». Autrement dit, seules la pince et la cire échappaient au médecin. Le laser et la lumière pulsée, eux, lui étaient réservés.
Ce 5° a été abrogé. Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, publié au Journal officiel le 26 mai et entré en vigueur le lendemain, a créé un cadre neuf dans le code de la santé publique. Son article D. 1151-2 autorise trois catégories à réaliser les actes d'épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique :
- les médecins ;
- les infirmiers diplômés d'État ;
- les personnes qualifiées professionnellement pour exercer l'activité de soins esthétiques au sens de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat, ou les personnes travaillant sous leur contrôle effectif et permanent.
Deux précisions comptent. D'abord, ce cadre ne vaut que pour le non thérapeutique : une lésion, une pathologie pileuse ou une indication médicale restent du ressort du médecin. Ensuite, cette ouverture a été attaquée en justice, et elle a tenu : par une décision du 12 mars 2026, le Conseil d'État a rejeté le recours en annulation, jugeant que la limitation à ces trois catégories répondait à des raisons impérieuses d'intérêt général tenant à la protection de la santé publique.
L'échéance du 26 août 2026
L'ouverture s'accompagne d'une contrepartie : une formation socle obligatoire pour les infirmiers et les professionnels de l'esthétique, définie par l'arrêté du 19 février 2025, publié au Journal officiel le 26 février 2025.
Son article 10 leur laisse dix-huit mois à compter de cette publication pour la valider. Dix-huit mois après le 26 février 2025, cela tombe le 26 août 2026. La formation comprend une partie théorique commune d'un jour et demi, puis une partie pratique : une demi-journée pour la lumière pulsée seule, deux journées pour le laser seul, et cinq jours dont une journée d'évaluation pour les deux techniques combinées. L'attestation vaut cinq ans, puis une remise à niveau est requise.
Ce que vous êtes en droit de demander, selon la catégorie du professionnel qui doit vous traiter. Fondé sur les articles D. 1151-2 à D. 1151-7 du code de la santé publique, dans leur rédaction issue du décret du 24 mai 2024.
Ce que le professionnel doit obligatoirement vous remettre
C'est la partie que personne n'explique, et c'est pourtant la plus utile : le décret crée des obligations précises, opposables, et faciles à vérifier sur place.
- Une fiche d'information écrite, avant le premier acte. Elle doit préciser les catégories de personnes exclues, les performances attendues de l'appareil, les risques résiduels, les contre-indications, les recommandations d'utilisation et de protection oculaire, et la procédure de signalement des effets indésirables. Vous en signez un double, que le professionnel conserve trois ans. C'est l'article D. 1151-4.
- Un avertissement affiché de façon visible dans l'établissement, rappelant les risques, les contre-indications et l'obligation de déclarer les événements indésirables. Article D. 1151-5.
- Un examen de votre peau avant de régler l'appareil. L'état cutané et le phototype doivent être déterminés avant la programmation, les paramètres adaptés à ce phototype, l'absence de contre-indications vérifiée avant chaque séance, et l'absence d'effet indésirable contrôlée après chacune. Article D. 1151-6.
- Pour le laser, un dossier nominatif consignant ces vérifications, conservé trois ans. Même article.
- Une protection oculaire, et un appareil non modifié, entretenu selon les recommandations du fabricant. Articles D. 1151-8 et suivants.
Un praticien qui ne vous fait rien signer, n'affiche rien et ne regarde pas votre peau avant de programmer l'appareil n'applique pas le texte. Ce n'est pas un détail administratif : l'adaptation des réglages au phototype est précisément ce qui sépare une séance sans suite d'une brûlure.
À Lyon, où cela se pratique
L'annuaire officiel des entreprises recense, dans la commune de Lyon, 968 établissements actifs inscrits sous le code d'activité des soins de beauté. Ils sont très inégalement répartis : le 6e en compte 206 et le 3e 198, soit 404 à eux deux, quand le 4e n'en compte que 44 et le 5e 48.
| Arrondissement | Établissements actifs | Inscriptions au registre, cessations comprises |
|---|---|---|
| Lyon 1er | 58 | 106 |
| Lyon 2e | 111 | 193 |
| Lyon 3e | 198 | 345 |
| Lyon 4e | 44 | 73 |
| Lyon 5e | 48 | 98 |
| Lyon 6e | 206 | 333 |
| Lyon 7e | 115 | 184 |
| Lyon 8e | 110 | 185 |
| Lyon 9e | 78 | 142 |
| Total Lyon | 968 | 1 659 |
Comptage effectué le 3 août 2026 dans l'annuaire officiel des entreprises, sur le code d'activité des soins de beauté, arrondissement par arrondissement. Ces chiffres ne disent pas combien de salons pratiquent le laser : le code d'activité ne descend pas à ce niveau de détail. Ils disent seulement combien d'établissements relèvent du secteur concerné par la nouvelle règle. Une inscription au registre ne garantit pas non plus qu'une porte soit ouverte.
Presque une adresse sur deux ne mène nulle part
Beaucoup d'annuaires recopient le registre des entreprises sans écarter les sociétés qui ont fermé. Pour Lyon, cela donne 1 659 adresses affichées alors que 968 seulement correspondent à un établissement encore en activité. Les 691 autres, soit 42 %, vous enverraient devant un rideau baissé.
C'est la raison pour laquelle nos chiffres sont plus bas que ceux que vous lirez ailleurs. Nous ne comptons que les établissements en activité, et nous affichons l'autre colonne pour que l'écart soit visible.
La voie médicale, si vous la préférez
L'ouverture de 2024 n'oblige personne à changer d'habitude. Le médecin reste autorisé, sans formation supplémentaire à valider, et il demeure la seule voie possible dès que l'indication cesse d'être purement esthétique. Notre relevé du répertoire national des professionnels de santé dénombre 118 dermatologues déclarant une activité dans la métropole, répartis sur 63 lieux d'exercice : le détail figure sur notre page dermatologue à Lyon.
Pour vérifier qu'un praticien qui se présente comme médecin l'est réellement, l'annuaire santé public permet une recherche par nom. Un professionnel de santé y figure toujours. Sur les autres spécialités, voir le médecin généraliste à Lyon.
Sur un acte voisin, mais qui relève lui de la chirurgie esthétique et de règles bien plus strictes, voir la greffe de cheveux à Lyon : délai de réflexion de quinze jours incompressible, et interdiction de vous réclamer le moindre acompte pendant ce délai.
Une information erronée sur cette page, une règle qui aurait changé depuis notre relevé ? Notre page contact est faite pour cela : nous corrigeons vite et nous le signalons dans la page.
Questions fréquentes
Une esthéticienne a-t-elle le droit de pratiquer l'épilation laser ?
Oui, depuis le décret du 24 mai 2024. Le monopole médical qui reposait sur un arrêté de 1962 a pris fin. Trois catégories peuvent réaliser ces actes à visée non thérapeutique : les médecins, les infirmiers diplômés d'État et les personnes qualifiées professionnellement pour les soins esthétiques. Les deux dernières doivent avoir validé une formation obligatoire.
Que se passe-t-il le 26 août 2026 ?
C'est la fin du délai transitoire. L'article 10 de l'arrêté du 19 février 2025 donne dix-huit mois aux infirmiers et aux professionnels de l'esthétique, à compter de sa publication au Journal officiel le 26 février 2025, pour valider la formation socle. Passé cette date, exercer sans cette formation n'est plus couvert par le cadre réglementaire.
Que doit obligatoirement me remettre le professionnel ?
Avant le premier acte, une fiche d'information écrite précisant les personnes exclues, les performances attendues de l'appareil, les risques résiduels, les contre-indications et la conduite à tenir en cas d'effet indésirable. Vous en signez un double, que le professionnel conserve trois ans. Un avertissement doit aussi être affiché de façon visible dans l'établissement.
Le professionnel doit-il examiner ma peau avant de commencer ?
Oui. L'article D. 1151-6 du code de la santé publique impose un examen de l'état cutané et la détermination du phototype avant de programmer l'appareil, une vérification de l'absence de contre-indications avant chaque séance, une adaptation des paramètres au phototype, et un contrôle après chaque séance. Pour le laser, ces vérifications sont consignées dans un dossier nominatif conservé trois ans.
Combien d'instituts de beauté compte Lyon ?
968 établissements actifs sont inscrits sous le code d'activité des soins de beauté dans la commune de Lyon, relevé le 3 août 2026 dans l'annuaire officiel des entreprises. Les 6e et 3e arrondissements en concentrent à eux seuls 404. Tous ne pratiquent pas l'épilation laser, mais tous ceux qui la pratiquent sont concernés par l'échéance de formation.
Le décret peut-il encore être annulé ?
Il a déjà été contesté et confirmé. Par une décision du 12 mars 2026, le Conseil d'État a rejeté le recours en annulation formé contre le décret du 24 mai 2024, en jugeant que la restriction aux professionnels énumérés répondait à des raisons impérieuses d'intérêt général tenant à la protection de la santé publique.