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Lyon compte une densité impressionnante de restaurants italiens, et une bonne partie se concentre dans une seule rue de la Presqu'île, la rue Mercière. Le problème est le même qu'ailleurs : là où le flux est le plus fort, l'incitation à bien faire est la plus faible. Bonne nouvelle, la cuisine italienne se laisse évaluer à la lecture de la carte, avant même d'avoir goûté quoi que ce soit. Voici le décodeur complet, et la géographie réelle de l'Italie lyonnaise, qui ne se limite pas du tout à la Presqu'île.
Lyon et l'Italie, une vieille affaire
La présence italienne à Lyon ne date pas des pizzerias. Dès la Renaissance, la ville accueille des banquiers florentins venus profiter de ses foires : la famille Gadagne y devient si riche que l'expression « riche comme Gadagne » est restée dans la langue lyonnaise, et leur hôtel particulier abrite aujourd'hui le musée Gadagne.
Bien plus tard, aux XIXe et XXe siècles, une importante immigration italienne s'installe dans l'agglomération, en particulier à Villeurbanne et dans l'est lyonnais, attirée par l'industrie. C'est de là que vient une partie de l'offre actuelle, souvent familiale, et rarement située dans les rues touristiques.
Le décodeur de la carte italienne
Six signaux, tous lisibles sur la carte affichée à l'entrée. Cliquez sur celui qui vous intrigue.
Que lisez-vous sur la carte ?
Grille de lecture éditoriale, fondée sur les usages de la cuisine italienne régionale. Elle ne vise aucun établissement en particulier.
La rue Mercière, ce qu'il faut en savoir
C'est la rue la plus dense en restaurants de la Presqu'île, étroite, entièrement piétonne, bordée de terrasses de bout en bout. Historiquement, c'était l'une des rues de l'imprimerie lyonnaise à la Renaissance, quand Lyon comptait parmi les grands centres européens du livre. Aujourd'hui, c'est une rue de restauration, très animée, très photogénique, et très fréquentée par les visiteurs.
Faut-il l'éviter ? Non, mais il faut y appliquer exactement les mêmes règles que dans le Vieux Lyon : se méfier des cartes interminables, des menus plastifiés traduits en cinq langues, et des rabatteurs sur le trottoir. La rue compte de vraies bonnes tables, mais elles ne se distinguent pas depuis le trottoir autrement que par ces signaux.
Où manger italien à Lyon. En rouge, la rue la plus dense et la plus inégale. Cliquez sur un point.
| Secteur | Ce qu'on y trouve | Notre avis |
|---|---|---|
| Rue Mercière, Presqu'île | La plus forte concentration, terrasses en continu | Très inégal. Appliquez la grille de lecture avant de vous asseoir. |
| Lyon 6e et Brotteaux | Tables installées, clientèle d'habitués | L'un des meilleurs secteurs, souvent ignoré des visiteurs. |
| Lyon 7e et Guillotière | Adresses familiales, prix contenus | Bon rapport qualité-prix, ambiance de quartier. |
| Pentes de la Croix-Rousse | Petites salles, cuisine de produit | Peu de places, réservez. Souvent excellent. |
| Villeurbanne | Héritage direct de l'immigration italienne | Le secteur le plus authentique de la métropole, et le moins cher. |
| Épiceries italiennes | Boutiques doublées d'une petite salle ou d'un comptoir | Notre recommandation. On y mange ce que le patron vend, donc ce qu'il connaît. |
Deux adresses vérifiées, et une catégorie à privilégier
Aucun label ne distingue les restaurants italiens en France. Ce que nous pouvons faire, c'est citer des établissements dont l'adresse est référencée par une source officielle. Nous ne les recommandons pas et n'en avons testé aucun.
1 Peppe Pizzeria Napolitain, four à bois
Adresse et horaires relevés sur le site officiel. Pizzaiolo napolitain, four à bois apparent en salle. La rue des Marronniers, piétonne, est l'une des artères de restauration de la Presqu'île : appliquez-y la grille de lecture décrite plus haut comme partout ailleurs. Voir notre page sur les pizzerias de Lyon.
2 La Trattoria de Saint-Jean Chef napolitain, Vieux Lyon
Référencée par l'office de tourisme de Lyon dans sa rubrique cuisines du monde, avec un chef napolitain. Une remarque d'honnêteté s'impose : elle se trouve rue Saint-Jean, l'artère où nous recommandons par ailleurs la plus grande vigilance. Le fait qu'un établissement y soit référencé officiellement ne dispense pas de lire sa carte, mais montre qu'on ne peut pas condamner une rue entière.
3 Les épiceries italiennes Notre catégorie préférée
Nous ne nommons volontairement aucune enseigne ici, car elles changent vite et nous ne pourrions pas les suivre. Mais cherchez les mots salumeria ou alimentari plutôt que ristorante : ces boutiques qui vendent pâtes sèches, conserves, parmesan à la coupe et charcuterie ouvrent souvent quelques tables. On y mange ce que le patron importe et connaît, avec une carte de cinq plats qui suit les arrivages.
Les deux adresses vérifiées, et les secteurs à explorer. Cliquez sur un point.
Le meilleur italien de Lyon est souvent une épicerie
C'est une constante que peu de guides mentionnent. Les épiceries italiennes lyonnaises, celles qui vendent des pâtes sèches, des conserves, du parmesan à la coupe et de la charcuterie, ouvrent souvent quelques tables ou un comptoir. On y mange ce que le patron importe et connaît, avec une carte de cinq plats qui change selon les arrivages. C'est presque toujours meilleur, et moins cher, qu'un restaurant à nappe blanche d'une rue passante. Cherchez plutôt une salumeria ou une alimentari qu'un « ristorante ».
Ce qu'il faut savoir en commandant
- Les pâtes sont un premier plat, pas un plat principal. Dans une vraie structure de repas italien, elles précèdent une viande ou un poisson. La portion est donc plus petite que ce à quoi on s'attend en France.
- Ne demandez pas de parmesan sur un plat de poisson. C'est le seul faux pas qui fera vraiment tiquer un serveur italien.
- Un café après le repas, jamais un cappuccino. Le cappuccino est un petit-déjeuner, en Italie comme dans une maison italienne sérieuse.
- Le pain n'est pas servi avec de l'huile et du vinaigre. C'est une invention américaine, assez répandue en France.
- Regardez si les pâtes sont fraîches ou sèches. Les deux sont légitimes : les pâtes sèches de bonne qualité valent mieux que des pâtes fraîches industrielles.
Pour la pizza spécifiquement, qui obéit à ses propres règles et à un cahier des charges européen, voyez notre page dédiée aux pizzerias de Lyon. Pour le reste, notre panorama des restaurants de Lyon et notre page sur les repères de qualité vérifiables complètent utilement cette grille.
Questions fréquentes
La rue Mercière est-elle un bon endroit pour manger italien à Lyon ?
C'est la rue la plus dense en restaurants de la Presqu'île, avec beaucoup d'enseignes italiennes, mais c'est aussi une rue de flux touristique où la qualité est très inégale. On y trouve de bonnes tables comme de mauvaises. Les mêmes règles s'appliquent que dans le Vieux Lyon : carte courte, pas de rabatteur, pas de menu photo traduit en cinq langues.
Comment reconnaître un vrai restaurant italien ?
À la structure de la carte. Une carte italienne sérieuse est organisée en antipasti, primi, secondi et dolci, et non en entrées, plats et desserts. Les pâtes y sont un premier plat, pas un accompagnement. La carte reste courte, les noms de régions apparaissent, et les mêmes plats ne reviennent pas sous cinq déclinaisons de sauces.
La carbonara avec de la crème est-elle italienne ?
Non. La carbonara romaine se fait avec du jaune d'œuf, du pecorino, du guanciale et du poivre, sans une goutte de crème. C'est le marqueur le plus simple à vérifier sur une carte : une carbonara à la crème indique une cuisine adaptée au goût français, ce qui n'est pas un défaut en soi mais n'a rien d'italien.
Où manger italien à Lyon hors zones touristiques ?
Le 6e arrondissement, le 7e, les pentes de la Croix-Rousse et Villeurbanne comptent de nombreuses tables italiennes fréquentées par des habitants plutôt que par des visiteurs. Les épiceries italiennes de la ville, souvent doublées d'une petite salle, comptent aussi parmi les meilleures options et sont rarement listées dans les guides.
Y a-t-il une histoire italienne à Lyon ?
Oui, et elle est ancienne. Les banquiers florentins sont installés à Lyon dès la Renaissance, au point que la famille Gadagne a laissé l'expression « riche comme Gadagne ». L'immigration italienne des XIXe et XXe siècles a ensuite fortement marqué l'agglomération, notamment à Villeurbanne et dans l'est lyonnais.