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« Bouchon », « bistrot », « brasserie » : trois mots employés comme s'ils étaient interchangeables, et trois réalités bien distinctes. Cette confusion coûte cher, parce qu'elle conduit à réserver un bouchon de trente couverts pour un groupe de dix, ou à chercher un dîner un dimanche soir là où tout est fermé. La brasserie n'est pas une version dégradée du bouchon : c'est un format qui répond à d'autres besoins, et à Lyon, elle règle plusieurs problèmes réels.
Bouchon, bistrot, brasserie : le tableau qui règle la question
| Bouchon | Bistrot | Brasserie | |
|---|---|---|---|
| Taille | Petit, souvent une trentaine de couverts | Petit à moyen | Grand, parfois plusieurs centaines de places |
| La carte | Cinq à six plats, répertoire lyonnais | Courte, souvent une ardoise du jour | Large, avec des classiques permanents |
| Les horaires | Deux services courts, fermé dimanche et lundi | Services classiques, fermetures variables | Service continu, longue amplitude, souvent 7j/7 |
| Les groupes | Difficile au-delà de six | Possible avec préavis | C'est fait pour ça |
| Les enfants | Salle exiguë et bruyante | Variable | Espace, service continu, habitude |
| Ce qu'on y va chercher | La tradition lyonnaise et l'ambiance | Une cuisine de marché à prix juste | De la souplesse, du choix, et une vraie salle |
Brasserie vient de bière, pas de cuisine
Le mot dit tout : une brasserie était un lieu où l'on brassait. Puis un établissement qui servait la bière qu'il produisait, avec de quoi manger. Le modèle se diffuse en France au XIXe siècle, largement porté par des brasseurs alsaciens. C'est de là que viennent deux marqueurs qu'on retrouve encore sur les cartes de brasserie françaises : la choucroute et l'importance donnée à la bière pression. À Lyon, la plus célèbre d'entre elles brasse d'ailleurs sa propre bière depuis sa création en 1836 : voir notre page sur la Brasserie Georges.
Quand la brasserie est le bon choix
Cliquez sur votre situation, nous vous disons si la brasserie est la réponse.
Quelle est votre contrainte principale ?
Conseils portant sur des formats d'établissements et des quartiers. Nous ne recommandons aucune brasserie nommément.
Les brasseries à Lyon
Trois familles cohabitent dans la ville, et elles n'ont pas grand-chose en commun au-delà du mot.
- Les brasseries historiques. Grandes salles, décors anciens, parfois classés, cuisine de tradition. La plus emblématique de Lyon est la Brasserie Georges, fondée en 1836 près de Perrache.
- Les brasseries de chef. Paul Bocuse en a créé plusieurs à partir des années 1990, avec l'idée d'appliquer une exigence de cuisine à un format populaire : Le Nord en 1994, Le Sud en 1995, L'Est en 1997, L'Argenson en 2002 et L'Ouest en 2003.
- Les brasseries de quartier et de gare. Moins spectaculaires, mais elles rendent le plus grand service : service continu, ouverture large, capacité d'accueil. On les trouve sur la Presqu'île, autour des gares et sur les grands axes du 6e.
Les brasseries identifiées de Lyon
Contrairement aux bouchons, les brasseries ne font l'objet d'aucun label. Ce que l'on peut citer, ce sont les maisons dont l'histoire est documentée. Nous ne les recommandons pas, nous constatons ce qu'elles sont.
1 Brasserie Georges Depuis 1836
L'une des plus anciennes brasseries de France encore en activité, fondée par le brasseur alsacien Georges Hoffherr. Une immense salle au décor Art déco de 1924, ouverte tous les jours de 11 h 30 à 23 h, et une bière de nouveau brassée sur place depuis 2004, après 65 ans d'interruption. Voir notre page détaillée sur la Brasserie Georges.
2 Brasserie Le Nord Bocuse, 1994
La première brasserie créée par Paul Bocuse, en 1994, avec l'idée d'appliquer une exigence de cuisine à un format populaire. Détail amusant : elle se trouve dans la même rue que La Meunière, bouchon labellisé et Bib Gourmand, à quelques numéros d'écart.
3 Le Sud, L'Est et L'Ouest Bocuse, 1995 à 2003
Les trois autres points cardinaux du groupe, ouverts respectivement en 1995, 1997 et 2003, auxquels s'ajoutait L'Argenson en 2002. Le groupe a évolué depuis : vérifiez adresses, horaires et ouverture sur maisons-bocuse.com avant de vous déplacer, nous ne publions ici que les adresses vérifiées au numéro près.
Les brasseries dont nous avons vérifié l'adresse, et les gares qu'elles desservent. Cliquez sur un point.
Ce qu'il ne faut pas attendre d'une brasserie
Une brasserie sert beaucoup de couverts sur une longue amplitude, avec une carte large. Cela suppose une organisation qui n'est pas celle d'une cuisine de marché : ne cherchez pas là une ardoise qui change tous les jours ni la finesse d'une petite table. En contrepartie, vous obtenez de l'espace, de la souplesse horaire et un service qui absorbe l'imprévu. Choisir une brasserie en espérant un bouchon, ou l'inverse, est le meilleur moyen d'être déçu par un établissement qui fait pourtant très bien son travail.
Pour l'autre versant de la table lyonnaise, voyez les bouchons lyonnais et notre mâchon lyonnais. Sur le problème spécifique du dimanche, notre page manger le dimanche à Lyon détaille les secteurs qui restent actifs.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une brasserie et un bouchon lyonnais ?
Presque tout. Un bouchon est petit, souvent une trentaine de couverts, avec une carte de cinq ou six plats du répertoire lyonnais, des services courts et une fermeture le dimanche et le lundi. Une brasserie est grande, propose une carte large, sert en continu sur une longue amplitude horaire et ouvre souvent sept jours sur sept. Ce sont deux réponses à deux besoins différents.
D'où vient le mot brasserie ?
De la bière. Une brasserie était à l'origine un lieu où l'on brassait, puis un établissement qui servait la bière qu'il produisait, avec de quoi manger. Le modèle s'est diffusé en France au XIXe siècle, souvent porté par des brasseurs alsaciens, ce qui explique la présence durable de la choucroute et des plats de cochon sur les cartes de brasserie.
Quand faut-il préférer une brasserie à Lyon ?
Quand la contrainte n'est pas la cuisine mais la logistique : un groupe, des enfants, un horaire décalé, un dimanche, un dîner tardif, ou un convive qui ne mange ni porc ni abats. Le bouchon ne sait faire aucune de ces choses, la brasserie fait toutes les cinq. C'est aussi le meilleur format pour un premier repas juste après l'arrivée à Lyon.
Les brasseries lyonnaises ouvrent-elles le dimanche ?
Beaucoup d'entre elles, oui, et c'est même leur principal atout à Lyon. Quand la majorité des bouchons ferment le dimanche et le lundi, les brasseries de la Presqu'île et des abords des gares restent ouvertes, souvent en service continu. Vérifiez tout de même par téléphone, notamment pour le dimanche soir.
Paul Bocuse a-t-il créé des brasseries à Lyon ?
Oui, plusieurs, à partir des années 1990 : Le Nord en 1994, Le Sud en 1995, L'Est en 1997, L'Argenson en 2002 et L'Ouest en 2003. C'était une manière d'appliquer une exigence de cuisine à un format populaire et accessible. Le groupe a évolué depuis, vérifiez les adresses et les ouvertures avant de vous déplacer.