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Demander « un chinois » à Lyon, c'est un peu comme demander « un européen » à Pékin. Derrière le mot se cachent des cuisines aussi différentes entre elles que la bretonne et la provençale : celle du Nord, à base de blé, de nouilles tirées et de raviolis ; celle du Sichuan, piquante et engourdissante ; la cantonaise, douce et vapeur, qui a formé le palais français. Depuis quelques années, Lyon voit s'ouvrir des adresses qui annoncent leur région au lieu de servir la carte générique. Voici quatre adresses dont nous avons vérifié l'adresse auprès de l'établissement, et de quoi lire une carte.
Trois cuisines que tout oppose
Vous n'avez pas besoin de connaître les huit grandes traditions culinaires chinoises. Trois repères suffisent pour choisir un restaurant à Lyon en connaissance de cause.
| Cantonaise, le Sud | Sichuanaise, l'Ouest | Du Nord, le Dongbei et Pékin | |
|---|---|---|---|
| Céréale de base | Riz | Riz | Blé : nouilles, raviolis, pains vapeur |
| Goût dominant | Doux, net, respect du produit | Mala : piquant du piment et engourdissement du poivre du Sichuan | Franc, salé, aigre-doux, beaucoup d'aigre et d'ail |
| Cuissons | Vapeur et wok très vif | Wok, braisé, mijoté en sauce | Bouilli, poêlé, vapeur, nouilles tirées à la main |
| Plats repères | Dim sum, canard laqué, riz cantonais | Bœuf mala, poulet gong bao, fondue sichuanaise | Raviolis jiaozi, nouilles tirées, pains bao |
| C'est la cuisine que | les Français connaissent le mieux | les amateurs de piquant cherchent | Lyon a découvert le plus récemment |
Le poivre du Sichuan ne pique pas, il anesthésie
C'est la confusion la plus fréquente et elle mérite d'être levée. Le piment brûle ; le poivre du Sichuan, lui, provoque un picotement électrique et un engourdissement des lèvres et de la langue. La combinaison des deux porte un nom, mala, littéralement « engourdissant et piquant ». Si vous n'aimez pas le piquant mais que la sensation vous intrigue, demandez un plat peu pimenté mais fidèle au poivre : ce que vous ressentirez n'a rien à voir avec de la force, et c'est l'une des expériences les plus déroutantes de la cuisine chinoise.
Quatre adresses lyonnaises vérifiées
Adresses relevées sur le site de l'établissement, pas sur un annuaire. Les horaires sont ceux annoncés par les maisons elles-mêmes ; ils évoluent, vérifiez avant de vous déplacer.
Nouyeah
Chine du Nord | ouvert sept jours sur septUne adresse qui revendique explicitement la cuisine du Nord de la Chine, celle du blé et non du riz : nouilles faites sur place et raviolis, dans un registre que son fondateur décrit comme la cuisine de sa famille. Sa particularité pratique est considérable à Lyon : l'établissement annonce un service tous les jours de la semaine, midi et soir, dimanche compris. En plein centre de la Presqu'île, c'est une des rares options de ce type un dimanche soir.
Engimono Quatre Saisons
Cours Gambetta | ouvert le dimanche, fermé le lundiImplantée sur le cours Gambetta, c'est-à-dire sur l'axe qui structure le quartier asiatique de Lyon, cette maison propose une carte large, plus de soixante plats, organisée par produit : volailles, porc, bœuf, agneau, produits de la mer, légumes, nouilles, soupes. Le nom fait référence aux cinq céréales, symbole traditionnel de bonheur en Chine. L'établissement annonce un service le dimanche midi et soir et une fermeture le lundi, ce qui est exactement l'inverse du rythme d'un bouchon lyonnais.
Engimono Préfecture
Lyon 3e | raviolis et nouilles maison le midiLa seconde adresse de la même maison, dans un secteur très différent : le quartier de la Préfecture, dominé par les bureaux. Le fonctionnement s'y adapte, avec des raviolis et des nouilles faits maison au déjeuner et une carte plus travaillée le soir et le week-end. C'est une bonne illustration d'une règle générale de la restauration lyonnaise : dans les quartiers d'emploi, la même maison sert plus vite et plus simple à midi.
Ravioli Gourmet
Traiteur | bao, raviolis et nouilles fraîchesCe n'est pas un restaurant classique mais un traiteur chinois traditionnel, spécialisé dans les bao, les raviolis et les nouilles fraîches préparés sur place, avec une activité de traiteur pour les événements. Le format répond à un besoin que la restauration assise ne couvre pas : emporter des raviolis faits maison plutôt que de les acheter surgelés. Fermé le dimanche, avec un service continu élargi en semaine.
Les quatre adresses vérifiées, sur les trois pôles chinois de Lyon. Cliquez sur un point.
La géographie chinoise de Lyon
Trois pôles se distinguent, et ils ne se ressemblent pas.
- Cours Gambetta et Guillotière, 7e. Le pôle asiatique historique de Lyon, avec les épiceries, les traiteurs et les salons de thé qui vont avec. C'est là qu'on trouve la plus grande diversité, et les cartes les moins adaptées au goût français.
- Lyon 3e, de la Préfecture à Montchat. Le pôle qui s'est le plus développé récemment, porté par la clientèle de bureaux le midi et par les habitants le soir.
- Presqu'île, 1er et 2e. Longtemps pauvre en cuisine chinoise autre que générique, elle voit s'installer des adresses spécialisées, en particulier sur les nouilles et les raviolis.
- Villeurbanne. Offre nourrie par la population étudiante, souvent à prix contenus, sur les axes du cours Émile Zola et autour des campus.
Lire une carte en trente secondes
- Une région annoncée vaut mieux que cent plats. Sichuan, Nord, Canton : une maison qui nomme sa cuisine se met une contrainte, donc s'engage.
- « Fait maison » sur les nouilles et les raviolis. C'est le point où l'écart entre artisanal et industriel est le plus grand, et le plus facile à goûter.
- Méfiez-vous du drapeau multiple. Une enseigne « chinois, thaï, japonais, vietnamien » cuisine quatre pays avec une seule brigade. Rien ne l'interdit, mais aucune de ces quatre cuisines n'y sera pointue.
- Regardez qui mange dans la salle. Le signal le plus fiable, et le seul qui ne se falsifie pas.
- Une carte en chinois à côté de la carte en français indique souvent que la maison sert deux publics, et que la vraie cuisine est sur la première.
Pour les autres cuisines asiatiques à Lyon, voyez nos pages restaurant japonais et sushi à Lyon. Pour les autres cuisines du monde, restaurant libanais et restaurant italien. Et pour l'ensemble de l'offre lyonnaise, notre page restaurants de Lyon.
Questions fréquentes
Existe-t-il une cuisine chinoise unique ?
Non, et c'est la clé pour bien choisir à Lyon. On distingue traditionnellement plusieurs grandes cuisines régionales chinoises. La cantonaise, douce, à la vapeur et au wok, est celle qui a formé le goût français. La sichuanaise est piquante et engourdissante à cause du poivre du Sichuan. Celle du Nord repose sur le blé plutôt que sur le riz : nouilles tirées à la main, raviolis, pains vapeur. Un restaurant qui annonce sa région travaille presque toujours mieux qu'un restaurant qui annonce tout.
Comment repérer un restaurant chinois sérieux à Lyon ?
Trois signaux. La carte annonce une région ou une spécialité précise plutôt que cent plats génériques. Les nouilles ou les raviolis sont annoncés comme faits maison, ce qui suppose une main en cuisine et non un produit livré congelé. Et la salle compte une clientèle chinoise : c'est le repère le plus fiable, et il ne coûte rien à observer depuis la rue.
Qu'est-ce que le poivre du Sichuan fait exactement ?
Il ne pique pas, il anesthésie. Le poivre du Sichuan provoque une sensation de picotement et d'engourdissement des lèvres et de la langue, appelée mala quand elle est associée au piment. Ce n'est pas de la force, c'est un effet physique distinct. Si vous craignez le piquant mais que la sensation vous intrigue, demandez un plat mala doux : c'est l'engourdissement qui vous surprendra, pas la brûlure.
Où se concentrent les restaurants chinois à Lyon ?
Le cours Gambetta et la Guillotière, dans le 7e, forment le pôle asiatique historique de Lyon, avec les épiceries qui vont avec. Le 3e, autour de la Part-Dieu et sur la rue Paul Bert, s'est fortement développé. La Presqu'île en compte de plus en plus, notamment des adresses spécialisées dans les nouilles et les raviolis. Villeurbanne complète l'ensemble, portée par la population étudiante.
Peut-on manger chinois un dimanche à Lyon ?
Oui, et c'est un de leurs atouts dans une ville où beaucoup de restaurants ferment le dimanche. Parmi les adresses citées sur cette page, Nouyeah rue Tupin annonce un service tous les jours de la semaine, et Engimono Quatre Saisons cours Gambetta annonce un service le dimanche midi et soir en fermant le lundi. Vérifiez toujours avant de vous déplacer.