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Sous l'étiquette « coréen », Lyon propose deux repas qui n'ont presque rien en commun. D'un côté le barbecue à table, où l'on cuit soi-même la viande pendant deux heures, un format lourd en équipement que peu d'adresses assument vraiment. De l'autre le bol de riz, bibimbap ou dopbap, servi vite, complet et souvent abordable, idéal le midi. Savoir lequel vous cherchez évite les déceptions. Voici trois adresses lyonnaises dont nous avons vérifié l'adresse auprès de l'établissement, plus tout ce qu'il faut comprendre avant d'entrer.
Deux repas, deux logiques
| Le barbecue à table | Le bol de riz | |
|---|---|---|
| Ce que vous faites | Vous cuisez vous-même la viande, tranche par tranche, sur le gril encastré | Vous mélangez votre bol et vous mangez |
| Durée | Long, deux heures et plus. C'est une soirée | Rapide, adapté à un déjeuner |
| Nombre de convives | Deux minimum, souvent plus. C'est un repas collectif | Fonctionne très bien seul |
| Plats types | Bulgogi, bœuf mariné ; samgyeopsal, poitrine de porc nature | Bibimbap, dopbap, porc sauté épicé, bœuf mariné |
| Réservation | Nécessaire : les tables équipées sont rares | Rarement nécessaire |
| Budget | Élevé, formules à prix fixe par personne | Modéré, format déjeuner |
Pourquoi si peu de vrais barbecues coréens à Lyon
La raison est technique et non culturelle. Un barbecue coréen suppose un gril encastré et une hotte d'extraction par table, donc des travaux lourds, une installation électrique ou gaz dédiée et un traitement de l'air. Beaucoup de restaurants annoncent « barbecue coréen » alors qu'ils servent des viandes déjà grillées en cuisine : ce n'est pas la même expérience. Le repère est simple, et il se voit depuis la vitrine : y a-t-il des hottes au-dessus des tables ?
Les banchan, ces assiettes qu'on n'a pas commandées
C'est la première surprise d'un repas coréen : les petites assiettes arrivent avant tout le reste, sans qu'on ait rien demandé. Ce ne sont ni des entrées ni des amuse-bouches. Les banchan accompagnent le plat principal du début à la fin, et on y revient entre deux bouchées.
On y trouve presque toujours du kimchi, le chou fermenté au piment, souvent des pousses de soja assaisonnées, des épinards à l'huile de sésame, du radis mariné, des algues, parfois une omelette coupée en cubes. Ils sont normalement compris dans le prix et resservis si vous les finissez. Leur nombre et leur variété constituent l'un des meilleurs indicateurs du sérieux d'une maison : les préparer demande du temps chaque matin.
La table coréenne obéit à un principe d'équilibre que certaines maisons lyonnaises revendiquent explicitement : cinq couleurs, vert, rouge, jaune, noir, blanc, et cinq saveurs. Ce n'est pas décoratif : c'est la grille de composition d'un repas, et cela explique pourquoi une table coréenne bien dressée est aussi colorée.
Trois adresses lyonnaises vérifiées
Adresses relevées sur le site de l'établissement. Les horaires cités sont ceux annoncés par les maisons ; ils évoluent, vérifiez avant de vous déplacer.
Gang Nam
Barbecue à table | ouvert depuis 2001La plus ancienne adresse coréenne de cette page, ouverte en 2001, bien avant la vague K-food. C'est un vrai barbecue à table, avec des formules à prix fixe par personne et un minimum de deux convives : au choix bulgogi, bœuf mariné, ou samgyeopsal, poitrine de porc grillée. La carte comprend aussi le bibimbap, les banchan traditionnels, une soupe miso maison, et les boissons coréennes, soju et makgeolli. La maison recommande fortement la réservation, en particulier le week-end. Fermée le dimanche et le lundi midi.
Sinabro
Lyon 6e | référencé au guide MICHELINPetite salle du 6e arrondissement, référencée dans la sélection du guide MICHELIN, qui revendique une cuisine coréenne construite sur l'équilibre nutritionnel et le principe des cinq couleurs et cinq saveurs. On y trouve bibimbap et dopbap, plats de riz servis avec plusieurs banchan et une soupe. La maison ouvre du mardi au samedi, midi et soir, et ferme le dimanche et le lundi. Format resserré : réserver reste prudent le soir.
BAP
Lyon 7e | format bol, service rapideLe nom signifie « riz cuit » en coréen, et c'est exactement le programme : un format resserré autour du bibimbap et des plats de riz, avec un service pensé pour être rapide. Implantée dans le 7e, entre le secteur étudiant de la Guillotière et Jean Macé, la maison ouvre midi et soir du lundi au samedi, avec un service prolongé en fin de semaine. C'est la meilleure entrée en matière de cette page pour découvrir la cuisine coréenne sans réserver ni s'engager sur deux heures.
Les trois adresses coréennes vérifiées, dans trois arrondissements différents. Cliquez sur un point.
Commander sans se tromper
- Le bol de pierre se mélange immédiatement. Si l'on vous sert un dolsot bibimbap, brûlant, mélangez énergiquement dès l'arrivée : la croûte de riz au fond est recherchée, le riz carbonisé ne l'est pas.
- Le gochujang se dose. La pâte de piment fermentée est servie à part ou déjà dans le bol. Elle est sucrée autant que piquante : commencez par la moitié, vous en rajouterez.
- Les banchan se resservent. Il est normal d'en redemander, et cela ne se paie pas dans la grande majorité des cas.
- Au barbecue, on ne cuit pas tout d'un coup. Deux ou trois tranches à la fois, mangées chaudes, puis on recommence. Remplir le gril fait baisser la température et fait bouillir la viande.
- Le soju se sert à l'autre. On ne se sert pas soi-même : chacun remplit le verre de son voisin. C'est un usage social, pas une contrainte, mais il est apprécié.
La Corée à Lyon, une implantation récente
Contrairement aux cuisines chinoise ou japonaise, installées de longue date, la cuisine coréenne est arrivée tardivement à Lyon et s'est développée avec la vague culturelle qui a porté la musique et les séries coréennes. Conséquence pratique : l'offre est moins nombreuse mais souvent plus récente et plus spécialisée, avec peu d'adresses génériques.
Elle se répartit sur trois secteurs distincts, la Presqu'île pour le format soirée, le 6e pour les petites salles de quartier, et le 7e, secteur étudiant, pour les formats rapides. Villeurbanne et le campus complètent l'ensemble.
Pour explorer les cuisines voisines, voyez restaurant japonais, sushi à Lyon, restaurant chinois et notre panorama des restaurants de Lyon.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un barbecue coréen exactement ?
C'est un repas où vous cuisez vous-même la viande sur un gril encastré dans la table, tranche par tranche, tout au long du repas. Le bulgogi est du bœuf mariné, le samgyeopsal de la poitrine de porc non marinée. Cela suppose un équipement lourd, gril et hotte d'extraction par table, que peu de restaurants lyonnais possèdent : c'est pourquoi les adresses qui le proposent vraiment sont rares et se réservent.
Que sont les banchan ?
Ce sont les petites assiettes qui arrivent avant et pendant le repas, sans qu'on les commande : kimchi, pousses de soja, épinards assaisonnés, radis, algues. Ils ne sont ni des entrées ni des amuse-bouches, mais des accompagnements du plat principal, à picorer tout au long du repas. Ils sont normalement compris et souvent resservis. Leur nombre et leur variété donnent une bonne indication du sérieux de la maison.
Quelle différence entre bibimbap et dolsot bibimbap ?
Le bibimbap est un bol de riz couvert de légumes assaisonnés, de viande et souvent d'un œuf, que l'on mélange soi-même avec de la pâte de piment. Le dolsot bibimbap est le même plat servi dans un bol de pierre brûlant : le riz au contact de la pierre forme une croûte croustillante qu'on décolle en mélangeant. Si l'on vous sert un bol de pierre, mélangez vite et fort, sinon le riz attache.
La cuisine coréenne est-elle très pimentée ?
Moins qu'on ne le croit, et surtout autrement. Le piquant coréen vient principalement du gochujang, une pâte de piment fermentée qui est aussi sucrée et profondément umami, et du gochugaru, le piment en poudre. C'est un piquant enveloppant plutôt qu'agressif. De nombreux plats, dont le bulgogi et une grande partie des banchan, ne sont pas pimentés du tout.
Faut-il réserver dans un restaurant coréen à Lyon ?
Pour un barbecue à table, oui, très largement : les tables équipées d'un gril sont en nombre limité et les formules imposent souvent un minimum de deux personnes. Pour un repas de bols de riz le midi, le format est plus souple et souvent conçu pour un service rapide. Les restaurants coréens lyonnais ferment fréquemment le dimanche, et parfois aussi le lundi.